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1 janvier 2004 4 01 /01 /janvier /2004 10:00

Monsieur le Président,

Monsieur le Préfet,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames, messieurs,

 

Rituel auquel nous ne saurions déroger, la cérémonie des vœux, est à la réflexion, une bien curieuse tradition.

 

A l’heure où les collectivités locales revendiquent des responsabilités pleines et entières, former des vœux … peut paraître quelque peu antinomique, pour ne pas dire incongru.

 

Alors, peut être devrais-je commencer mon propos, en vous disant ce que… nos vœux ne sont pas.

 

Ce ne sont pas, des prières faites à une divinité censée les exaucer car compter d’abord sur soi même est plus sûr en toute chose,

 

Pas des vœux que l’on fait à la vue d’une étoile filante car, plus que l’éphémère, c’est le durable qui nous inspire,

 

Pas, des vœux pieux, nous avons le ferme espoir de les voir se réaliser,

 

Ce ne sont pas, non plus, je vous rassure, des vœux de pauvreté, notre collectivité entend bien conserver sa santé financière,

 

Enfin, nos vœux pour 2004 ne seront pas des vœux de célibat, car le Conseil Général souhaite être accompagné dans ses projets et marier les énergies qui porteront les ambitions du Var.

 

Voilà pour les vœux auxquels vous avez échappé !

 

Alors, venons en maintenant aux vœux… auxquels vous n’échapperez pas.

 

D’ailleurs, plus que des vœux, ce sont des résolutions, des engagements :

engagements qui ont été tenus, pour le passé

engagements à tenir… pour le futur.

 

Voila, la raison pour laquelle cette cérémonie, qui réunit la grande famille du Conseil Général en y associant le monde politique, économique, administratif, social et culturel, au-delà de son caractère festif, est toujours un moment fort de notre institution.

Elle rythme et marque mieux que les autres rendez vous, les passages de relais, les innovations, les évolutions dans la conduite de l’action.

 

 

 

2003 aura, malheureusement, été une année difficile et douloureuse pour le Var.

 

Je pense aux incendies,

à ces sapeurs pompiers qui ont perdu leur vie pour sauver celle des autres,

à ces visions d’enfer et de désolation, qui nous ont tous bouleversés.

 

Nos services ont fait montre, à cette occasion, d’une réactivité  certaine et je veux redire ici, devant vous, combien chacun de nous s’est senti concerné.

 

Je pense aussi à la période de la canicule, qui au-delà de son aspect météorologique a été pour la société toute entière, le révélateur d’un relâchement des liens sociaux et familiaux, et a souligné une fois encore les retards considérables accumulés depuis des en matière d’accueil des personnes âgées.

 

 

 

Le contexte de 2004  sera, nous l’espérons, plus favorable

 

Pour cette nouvelle année, les vœux que je forme au nom du personnel du Conseil Général, Monsieur le Président,

 

Sont ceux de vous accompagner efficacement, dans votre projet pour notre Département,

 

C’est l’engagement de faire en sorte que vous puissiez continuer à compter sur une équipe de fonctionnaires compétents et motivés.

 

Une équipe enthousiaste, créative qui s’efforce de conserver le sens du service public qu’elle a en charge.

 

Reconnaissons que notre tâche est grandement facilitée par l’état d’esprit qui règne dans cette maison et la qualité des relations entre élus et fonctionnaires ;

 

elle l’est aussi, Monsieur le Préfet, par le dialogue que vous privilégiez en permanence et l’écoute toujours attentive de vos services.

 

 

 

Notre administration a considérablement évolué ces dernières années.

 

Le Conseil Général aujourd’hui, c’est près de 3000 agents et un budget d’un milliard d’Euros,  soit pour ceux qui comptent encore en francs : 6 milliards 500 millions de francs !

 

J’ironise chaque année, depuis près de 20 ans, sur ceux qui nous prédisent la disparition imminente de l’échelon départemental.

 

Je n’aurai pas aujourd’hui la cruauté de me livrer à cet exercice savoureux.

 

« Tout mûrit et devient fruit à son heure… »  dit un proverbe chinois ! 

 

L’acte II de la décentralisation renforce considérablement nos compétences.

 

Nous héritons des routes nationales, de la responsabilité de la carte scolaire, des personnels techniques des collèges.

 

 

 

Et sur le plan social, après nous être vu confiés la politique des personnes âgées, nous sommes devenus depuis le 1er janvier le seul pilote de l’insertion, qu’il s’agisse du RMI ou de la mise en place du revenu minimum d’activité (RMA)

 

Ce nouveau cadre nous invite à simplifier les procédures et à rechercher une plus grande efficacité dans les dispositifs.

 

Nous travaillons en parfaite concertation avec la DASS, la Direction du travail, la Caisse d’allocation familiale, l’ANPE, la MSA, le CEDIS  et je veux  saluer la collaboration exemplaire de tous ces partenaires.

 

Je profite aussi de l’occasion qui m’est donnée pour rendre hommage à nos travailleurs sociaux qui font un travail exceptionnel mais aussi à tous les bénévoles.

 

On réalise à leur côté qu’il existe, aussi parfois, un héroïsme du quotidien !

 

 

 

Les nouvelles responsabilités dont nous héritons réaffirment notre double rôle d’échelon de solidarité et d’aménageur du territoire mais elles appellent aussi de nouvelles formes de management et un nouveau cadre d’intervention :

 

On fait généralement le reproche aux administrations de manquer de réactivité et de développer une culture de moyens.

 

Les 32 contrats d’objectifs que nous avons signé cette année, formalisent l’engagement des agents, celui d’attacher leur action à des résultats précis.

 

Ils sont une invitation permanente à aller à la rencontre des destinataires du service public (du point de vue métaphorique je préfère cette expression à celle d’usager du service publique)

 

 

 

Nouvelles formes de management disais-je et nouveau cadre d’intervention

Le cadre géographique de l’action publique est aujourd’hui en pleine évolution

 

Je ne sais si c’est une forme de revanche de la géographie sur l’histoire mais tout le monde constate que l’espace se recompose et il le fait à l’échelle d’un périmètre que l’on parcourt en 20 minutes

 

Ce trajet de 20 minutes correspond au domicile/travail, aux lieux où les parents vont chercher leurs enfants à l’école, faire leurs courses, consulter le médecin, pratiquer leurs loisirs, leurs sports.

 

Se pose alors le problème de l’adaptation des services publics à cette recomposition.

 

La proposition que vous faites, Monsieur le Président, d’utiliser les schémas de cohérence territoriale (les Scot) comme point d’appui à l’action départementale permettra l’implantation d’antennes du Conseil Général sur chacun de ces territoires.

 

Nous disposerons ainsi d’outils d’intervention décentralisés regroupant les principales compétences de nos directions.

 

Quelques pistes sont d’ores et déjà à l’étude. Elles concernent :

 

ð      L’organisation de nos services sociaux

ð      Le redécoupage des subdivisions départementales,

ð      La mise en place d’agences de développement, véritables cellules d’appui économiques sur chaque territoire.

ð      L’élaboration d’un schéma départemental du logement qui garantisse la mixité sociale.

ð      Un schéma varois des formations dont l’écriture devra être réalisée en concertation avec la Région.

 

 

Après l’aménagement du territoire c’est donc aujourd’hui l’aménagement des territoires qui se dessine

 

 

Voilà autant de chantiers passionnant auxquels nous convie cette nouvelle année.

 

Vous savez, Monsieur le Président, pouvoir compter pleinement sur les fonctionnaires qui vous entourent, pour vous y accompagner.

 

Avec conviction, parce que le service public est au cœur de l’action que nous menons,

Avec passion, parce que ce sont, autant de nouveaux défis à relever.

 

Alors pour vous toutes et pour vous tous

 

Faisons en sorte que 2004 soit

 

Une bonne et heureuse année !

 

 

 

                                                                                  Patrick HEINTZ

                                                                       Directeur Général des Services

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1 janvier 2003 3 01 /01 /janvier /2003 10:00

Monsieur le Président,

Monsieur le Préfet,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs les Conseillers Régionaux,

Monsieur le Vice-Président, Maire de Draguignan, Mon Cher Max,

Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux,

Mon Général,

Mesdames et Messieurs.

 

 

On mesure la vitalité d’une institution à sa capacité à mettre en œuvre ses propres relais,  à assurer sans heurts  le passage de témoins entre ceux qui la dirigent,  à garantir la continuité de ses politiques  et à maintenir la motivation de ceux qui en sont les acteurs.

 

Réussir cela nécessite à l’évidence :

de l’intelligence politique,

un sens développé des responsabilités,

et une bonne dose d’estime

et d’amitié.

 

Autant d’ingrédients,

Il faut bien le reconnaître,

Qu’il est peu fréquent de voire s’agréger

 

Alors Merci à notre Ministre Hubert FALCO,

Merci à vous,

Monsieur le Président,

de permettre à vos fonctionnaires

de continuer à travailler dans les mêmes conditions

de confiance et d’enthousiasme.

 

 

Merci de nous permettre de continuer à employer

le temps présent,

celui de l’engagement,

celui de l’action,

 

Merci de ne pas nous contraindre à utiliser celui du passé

ni du passé composé,

ni du passé décomposé !

 

Vous savez, Monsieur le Président, pouvoir compter sur la mobilisation des fonctionnaires du Conseil Général pour mettre en œuvre l’ambition que vous avez pour le Var.

 

Cette ambition, nous la partageons et nous voulons la porter avec vous.

 

Certaines institutions courent aujourd’hui derrière leurs compétences, d’autres sont à la recherche de leur légitimité.

 

Le Conseil Général s’impose, quant à lui, depuis des années,  avec sérénité et détermination, comme le principal échelon de solidarité locale entre les territoires, et de solidarité entre les hommes.

 

Et les profondes mutations que connaît actuellement le paysage administratif français ne font d’ailleurs que renforcer ce rôle.

 

Cela ne veut pas dire que le Département n’est pas en mouvement.

 

Il s’adapte en permanence à l’évolution de son environnement  politique,  social, économique, juridique, institutionnel.

 

Une assemblée toujours en débat sur des dossiers qui sont tous d’avenir, une administration qui ne ressent jamais la désagréable sensation de l’ankylose.

 

Voilà qui ne doit pas être du goût de ceux qui récemment encore, parlant de l’échelon départemental, annonçaient l’imminence de sa disparition.

 

Ainsi, Monsieur le Ministre, le Département lui non plus n'échappe pas au phénomène de société qu'est l'allongement de la vie,

 

Et preuve est ainsi faite que l'activité est, de loin, le meilleur rempart contre le vieillissement.

 

 

 

2003 sera marqué, pour notre administration, par une innovation :

 

le lancement des contrats d’objectifs.

 

Ces contrats, au nombre de 30, couvrent pratiquement tous nos champs de compétence.

 

Il s’agit d’une démarche expérimentale qui est notre manière, à nous, de nous inscrire dans le nouvel élan de la décentralisation.

 

Dans cet esprit, nous avons imaginé une contractualisation interne passée avec chacune des directions du Conseil Général, en étroite collaboration avec nos associations partenaires :

-                                l’ODEL,

-                                le CEDIS,

-                                le CAUE,

-                                le Pact-Arim,

-                                le CDT

-                                Le COVAR

pour n’en citer que quelques unes.

 

Anticipation, innovation, démarche d’excellence et optimisation de nos moyens sont les quatre axes stratégiques qui servent de fil rouge à ces contrats.

 

Cette démarche expérimentale ne se limite pas à la réalisation d’équipements ou de structures pilotes.

 

Elle a pour enjeu, une nouvelle approche de l’action publique, une plus grande responsabilisation des acteurs, et l’apprentissage d’une véritable culture de résultats.

 

Plusieurs constats nous ont conduits à mettre en œuvre cette démarche.

 

 

 

Le premier est que l’action publique se situe trop souvent en aval des processus.

 

Cela tient en grande partie à l’accroissement des compétences de la collectivité, ce qui conduit souvent les services à agir dans l’urgence, à subir les situations plutôt que de maîtriser les évolutions.

 

Ainsi, trop de politiques publiques s’identifient encore à des actions correctives.

 

Le but est d’inverser la tendance : anticiper les événements, se situer en amont des processus et non plus en aval.

 

Notre démarche s’inscrit donc avant tout dans l’anticipation de l’action publique.

 

 

 

Le deuxième constat est la tendance partagée par la quasi-totalité des administrations à reproduire au fil du temps des schémas, des actions, sans se remettre en question, ce qui aboutit, à terme, à un décalage entre la réponse publique et les besoins exprimés par le terrain.

 

Voilà pourquoi notre projet s’inscrit dans la recherche de l’innovation.

 

L’innovation n’est pas une finalité en soi. C’est un levier de réactivité, un outil d’adaptation de la politique publique aux besoins du terrain,

 

L’innovation comme dynamique de l’institution,

L’innovation comme moyen de penser en termes d’avenir.

 

 

 

Le troisième axe de notre démarche c’est la performance

la qualité

et l’excellence.

 

Cette démarche, nous la conduisons depuis plusieurs années et nous allons l’amplifier.

 

Il s’agit, dans les secteurs où le Département met en œuvre des actions remarquables, de montrer l’exemple et d’essayer de devenir une référence nationale. C’est ce que nous avons réussi à faire l’année dernière pour les collèges, par exemple.

 

L’objectif est de mobiliser nos équipes, d’améliorer nos prestations, tout en valorisant l’image du Conseil Général.

 

 

 

Le quatrième axe, enfin, c’est la recherche de l’optimisation et la mutualisation de nos moyens.

 

On a trop souvent tendance à aller chercher à l’extérieur des compétences et des moyens dont on dispose en interne, parce qu’on ignore qu’ils existent ou tout simplement qu’on ne sait pas les mettre en commun.

 

Cette démarche vise à identifier les compétences, les personnes ressources, les moyens internes et à favoriser leurs rencontres pour produire des actions nouvelles.

 

 

 

Voilà,

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

le champ des réformes qui mobilisera les services du Conseil Général tout au long de l’année.

 

 

 

Alors oui, le Département est aujourd’hui une institution pleine de vitalité, et il conserve toute sa force créative

 

Cette vitalité, il la doit à une ambiance de travail, à la qualité des relations qui existent entre élus et fonctionnaires, à celles que nous avons avec les services de l’Etat, Monsieur le Préfet, confiante et respectueuse du rôle de chacun, mais aussi à une saine gestion mise en œuvre avec rigueur depuis des années.

 

 

 

Alors, je crois que Jules ROMAIN lui-même aurait reconnu que cette bonne santé ne doit rien au «triomphe de la médecine»

 

Et si d’aventure certains docteurs KNOCK qui se targuent d’être à la fine pointe de la connaissance osaient prétendre que le Conseil Général bien portant est un malade qui s’ignore, je leur dirai, en écho au plan d’action d’un Secrétariat d’Etat qui nous est cher :

 

que le Conseil Général possède à l’instar des seniors la rigueur et l’expérience,

que grâce à ses moyens et à son faible endettement, il est à l’abri de la Dépendance,

que c’est à nous tous qu’il appartient d’être vigilants pour qu’il ne subisse pas de Maltraitance

 

Et si, aujourd’hui, malgré son grand âge, il conserve l’enthousiasme et la vitalité de la jeunesse c’est à sa volonté, et à sa volonté seule, qu’il le doit.

 

 

 

Bonne et Heureuse Année à toutes et à tous.

 

 

 

Patrick HEINTZ

Directeur Général des Services

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26 avril 2002 5 26 /04 /avril /2002 13:05

Le projet municipal élaboré en mars 2001 a affirmé la volonté de la nouvelle équipe municipale de se doter d’une politique volontariste en matière de cadre de vie.

 

A ce titre, le diagnostic établi faisait ressortir une dégradation de l’image de notre ville liée à un certain nombre de facteurs, et notamment :

• Un traitement très disparate des sols

• La signalisation anarchique

• L’envahissement de la ville par des poteaux de signalisation en tout genre

• Les mauvaises conditions de la desserte des lieux accueillant le public

• La perte d’identité des quartiers

• Un éclairage insuffisant et disparate

• Aucune politique d’ensemble en matière de végétalisation, de mobilier urbain ou même de réhabilitation de façades

• Une absence de stratégie spatiale en termes de cheminement

Le tout aggravé par un affichage et enseignes commerciales totalement anarchique.

 

Ce constat nous a conduits à imaginer l’élaboration d’une charte d’aménagement et d’esthétique urbaine à laquelle participent le CAUE, les services de la ville et les professionnels de l’architecture et de l’urbanisme.

 

Le principal enjeu est de recréer une ambiance urbaine qui contribue à la valorisation de l’image de Toulon, à son attractivité et à son rayonnement.

 

Les principales préconisations devront porter sur le traitement des sols, choix des matériaux, calpinage, plantations, plan lumière, éclairage, affichage publicitaire, mise en valeur des bâtiments publics, façades, mobilier urbain, signalisation routière, signalétique et cheminement.

 

Deux impératifs devront, à cette occasion, particulièrement être pris en compte :

- le premier concerne le renforcement de la cohésion et du sentiment d’unité de la ville (Toulon souffre aujourd’hui, en effet, d’une fracture entre les quartiers qui la composent, notamment du point de vue de l’accessibilité et des liaisons physiques)

- le second repose sur le respect des entités urbanistiques et architecturales et de l’identité des grands ensembles urbains qui font l’organisation de la ville.

 

De ce point de vue, 6 secteurs ont pu être identifiés :

- le centre ancien

- le secteur haussmannien, la vieille ville, la Corderie Castigneau avec l’essentiel des édifices publics

- le secteur XIXIè : Pont du Las, Saint jean du Var, le Mourillon

- le secteur Pôle de Développement : entrée est Bir Hakeim, SNCF

- le secteur touristique : front de mer et corniche

- le secteur pavillonnaire : quartiers périphériques.

 

Afin de satisfaire ce double impératif, deux approches sont préconisées :

 

1 : Approche statique

De ce point de vue, la charte devra préconiser un certain nombre :

- d’aménagements uniformes (fil rouge destiné à renforcer le sentiment de cohésion et d’unité avec un effort tout particulier pour la signalétique, les matériaux utilisés pour le traitement des sols, l’éclairage des végétaux, l’éclairage des bâtiments publics)

- d’aménagements spécifiques à chaque secteur, destinés à renforcer leur identité urbain et architecturale, notamment mobilier urbain, choix des végétaux, traitement des façaces, calpinage de sols.

 

2 : Approche dynamique, qui favorisera la mise en valeur d’axes structurants

Une idée originale pourrait consister à identifier les cheminements thématiques :

- cheminement commercial

- cheminement culturel

- cheminement étudiant

- cheminement touristique

 

Parmi les préconisations générales portées par la charte, une attention toute particulière devra être faite à la signalisation routière et à la diminution des espaces qui lui sont réservés. A l’heure actuelle, la signalisation est dimensionnée pour une vitesse de 130km/H alors que la plupart du temps les quartiers traversés sont en zone 30.

 

La mise en œuvre de la charte doit permettre un travail minutieux sur chaque espace public, et l’identification et la suppression des points noirs.

 

Pour garantir son application et son efficacité, la charte devra prévoir, en termes d’organisation des procédures et de processus décisionnels qui seront les moyens de garantir son application et son efficacité.

 

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10 avril 2002 3 10 /04 /avril /2002 15:34

Mettant à profit, depuis plusieurs années, son immense potentiel lié à une situation stratégique exceptionnelle, à un climat que la France entière nous envie et à un environnement de très grande qualité que nous avons réussi à préserver, le VAR a su développer, dans de nombreux domaines, une démarche de qualité et d’excellence qui lui ouvre des perspectives encourageantes.

 

Au moment où percent les exigences du nouveau siècle – choix de l’intelligence, qualité territoriale, dimension humaine de l’action, globalisation de la communication – le VAR mobilise ses forces pour construire son avenir.

 

Le Conseil Général du Var se veut un activateur d’énergies, un partenaire du développement et un outil de la cohérence territoriale.

 

A ce titre, il développe depuis près de dix ans, des politiques publiques qui contribuent fortement à l’image et au rayonnement de notre territoire.

 

La déclinaison de l’excellence dans le VAR nous permet aujourd’hui d’être le premier Département de France pour l’accueil touristique et une terre de culture qui favorise l’apprentissage, la diffusion artistique et le développement de manifestations de renom national (Fête du Livre, Prix de la Nouvelle, Var Festival, Hôtel des Arts, chèques Culture).

 

Sur le plan Agricole, l’excellence de la production est aujourd’hui aussi devenue une réalité. Premier département de France pour la fleur coupée, nous occupons aussi fréquemment les premières places pour la qualité de nos vins, de notre huile d’olive, de notre miel et de nos truffes. C’est là, la récompense d’une politique active en faveur de l’amélioration de la production.

 

Sur le plan de la Formation et de la Recherche, nous disposons aussi de quelques fleurons qui contribuent au rayonnement de notre territoire. Citons pour exemple, l’Institut Méditerranéen de la Qualité, trois écoles d’ingénieurs très cotées, l’accueil d’un projet de recherches associant l’ensemble de la collectivité scientifique internationale : ANTARES

 

Nos équipements scolaires, loin d’être absents de ce palmarès, viennent de recevoir le prix d’excellence de la presse nationale pour la qualité des conditions d’accueil de nos élèves dans les collèges.

 

Notre politique en faveur de l’Environnement est, elle aussi, bien conforme à cette démarche. La multiplication des pistes cyclables, le développement sur tout le territoire de maisons de la nature thématiques ouvertes au public, font aujourd’hui référence dans tous les départements de France.

 

Le VAR consacre chaque année, en matière d’aménagement du territoire et d’aide aux communes, des efforts financiers inégalés qui contribuent à l’embellissement de nos villages et participent à la préservation d’un patrimoine de très grande qualité.

 

Certains élus et certaines collectivités ont aujourd’hui le désir de l’excellence.

D’autres en ont la passion.

Désir pour ceux qui tendent vers une chose qu’ils voudraient posséder.

Passion pour ceux qui aiment avec ardeur ce qu’ils possèdent déjà.

Le Var a la passion de l’excellence.

 

 

 

Patrick HEINTZ

Directeur Général des Services

Conseil Général du Var

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1 janvier 2002 2 01 /01 /janvier /2002 10:00

Monsieur le Président,

Monsieur le Préfet,

Monsieur le Préfet Maritime,

Madame, Messieurs les parlementaires,

Mesdames, Messieurs les représentants des autorités militaires, des autorités religieuses,

Mesdames, Messieurs les Conseillers Régionaux,

Mesdames, Messieurs les Conseillers Généraux,

Mesdames, Messieurs les Maires,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames, Messieurs,

 

Il y a un an, jour pour jour, en ce même lieu, nous nous souhaitions une année pleine de bonheur, d’événements heureux, d’espoir, de paix et de solidarité.

 

Les épreuves qu’a connu le monde durant l’année 2001 ont quelque peu trahis nos souhaits, et nos vœux, malheureusement, sont loin d’avoir été exaucés.

 

Dans cette période d’interrogation, d’inquiétude et de tensions, les administrés renforcent leurs exigences d’écoute, de dialogue, d’informations.

 

 Ils souhaitent également plus de présence et d’initiatives publiques.

 

 Les collectivités de proximité, dont fait partie le Conseil Général, retrouvent plus que jamais un rôle de premier plan.

 

Le département est devenu au fil du temps, un espace de solidarité où l’intérêt général demeure une préoccupation bien vivante au point qu’il est aujourd’hui perçu comme un lieu de convergence des politiques publiques et de consensus.

 

 Il est aussi devenu, sous votre impulsion, Monsieur le Président, un outil d’innovation au service de l’action publique et nombreuses sont les initiatives de notre conseil général qui font aujourd’hui référence sur le plan national, qu’il s’agisse :

 

-         du plan jeunes,

-         de notre plan informatique dans les collègues,

-         du réseau vert : maison de la nature et pistes cyclables avec le projet très avancé de Toulon Saint-Raphaël en continu,

-         de la politique lieux de vie,

-         du chèque culture, de Var festival, de Var Hiver

 sans oublier les classes de découvertes de l’ODEL, pour ne citer que quelques exemples.

 

Les fonctionnaires que nous sommes réalisent tous les jours, Monsieur le Président, combien leur tâche s’en trouve valorisée et donc facilitée.

 

Facilitée, notre tâche l’est aussi grâce à la voix du dialogue que vous privilégiez en permanence, Monsieur le Préfet, et grâce à vos services dont l’écoute est toujours attentive.

 

Elle l’est enfin par l’état d’esprit qui règne dans cette maison et la qualité des relations entre élus et fonctionnaires.

 

Il est d’autres cénacles où les conditions de travail sont moins aisées et les situations assujetties à des cycles plus éphémères.

 

Toutefois, dans la situation de grande concurrence qui existe entre les différents niveaux de collectivités, seule la pertinence des actions du Conseil Général, son dynamisme et la qualité des services qu’il saura effectivement rendre à la population, lui permettront de demeurer un échelon incontournable.

 

Vous vous plaisez, Monsieur le Président, à nous rappeler qu’il faut être :

-         souple dans nos modalités d’intervention,

-         rapide dans nos décisions,

-         efficace dans l’action,

-         respectueux des deniers du contribuable,

-         et entretenir le dialogue permanent avec les citoyens et nos partenaires.

 

Vous savez pouvoir compter sur les fonctionnaires du Conseil Général pour s’y employer avec enthousiasme tout au long de l’année.

 

 

 

Cette année 2002 sera marquée par un certain nombre d’événements et de novations :

 

L’Euro tout d’abord :

 

On en parlait depuis longtemps comme d’une notion abstraite.

 

L’Euro est devenu aujourd’hui une réalité très concrète et si les Francs sont encore dans nos têtes pour quelques temps, ce sont désormais bien des Euros qui sont dans nos poches.

 

Les exercices de conversion ne se feront pas sans difficultés au moins durant les premières semaines :

 

 Faut-il :

-         multiplier par 6 et ajouter 10 %

-         ou retirer un tiers de la somme et multiplier par 10,

-         ou encore diviser par 3 et multiplier par 20… ?

 

A chacun sa méthode !

 

Les services du Conseil Général poursuivront pour leur part leurs actions d’information sur l’Euro auprès des populations les plus fragiles ainsi que des personnels du secteur social et des associations.

 

 

Autres novations :

 

L’aménagement et la réduction du temps de travail :

 

Ils constitueront un élément central de la politique de ressources humaines conduite au sein de notre administration, et seront accompagnés d’une nouvelle organisation des services nous permettant de satisfaire aux exigences de qualité et de continuité du service public.

 

 

 Par ailleurs,

Notre système d’information interne sera renforcé de façon sensible en 2002 par la mise en place de nouveaux outils de pilotage des actions du Conseil Général.

 

-  Généralisation de la segmentation stratégique et de la gestion en autorisation de programmes/crédits de paiement,

-   amélioration de notre taux d’exécution

-   et réduction de nos délais de paiement afin de satisfaire aux exigences de la nouvelle réforme des marchés publics,

 

voilà quelques uns de nos exercices imposés pour l’année qui s’ouvre.

 

 

 

Dans les domaines opérationnels de nouveaux chantiers nous attendent également :

 

Je pense à :

 

La mise en œuvre de l’Allocation Personnalisée pour l’Autonomie ».

 

Depuis le 1er janvier, cette prestation remplace la Prestation Spécifique Dépendance.

 

Le nombre de bénéficiaires devrait être multiplié par trois : il passera de 1400 à 5200.

 

Instructions, enquêtes, visites, entretiens, montage de dossiers : c’est un accroissement d’activité considérable auquel nos services sociaux devront faire face.

 

 

En matière de transports

Vous avez souhaité, Monsieur le Président, que l’année 2002 soit marquée par la mise en chantier d’un nouveau plan départemental des transports.

 

Le tracé de la ligne train à grande vitesse, le développement du transport collectif intermodal et des transports maritimes sont des dossiers majeurs sur lesquels notre Assemblée aura à se prononcer.

 

 

La politique de l’habitat et du logement social devrait également nous mobiliser durant toute l’année.

 

L’accroissement du parc de logements constitue aujourd’hui une exigence de la loi solidarité renouvellement urbain, et le Var enregistre encore dans ce domaine un important retard.

 

 

Autre chantier d’importance dont on se serait étonné qu’il soit passé sous silence : l’intercommunalité.

 

Cette intercommunalité nouvelle génération, impose aujourd’hui un certain nombre d’adaptations au département.

 

 

 

Le Conseil Général, que certains pensaient menacé par son développement, au contraire, l’encourage.

 

 Le choix n’est pas entre la vision des anciens et celle des modernes, pas plus qu’entre la fermeture qui protège et l’ouverture qui conquiert.

 

La seule question qui importe est de savoir si l’action publique s’exerce plus efficacement dans le cadre d’un « territoire décrété » immuable, figé, rigide, ou dans celui d’un « territoire vécu » souple, évolutif, contractualisé.

 

Ce qui distingue le citoyen d’aujourd’hui c’est de moins en moins son appartenance à telle entité géographique aux frontières étanches.

 

Ce qui le caractérise c’est la possibilité qu’il a de déployer une activité professionnelle, sociale, culturelle ou de loisirs dans un cadre ouvert, lisible, adapté à ses besoins et, si possible, sécurisé.

 

Si l’action publique trouve tout son sens dans l’ambition d’améliorer la qualité de vie des administrés, à n’en pas douter le nouveau type d’intercommunalité y contribuera fortement.

 

Mais quelles que soient les évolutions auxquelles on assiste aujourd’hui, le conseil général demeure un élément de stabilité institutionnelle et le débat récurrent qui est celui de sa disparition, loin de nous émouvoir, apparaît aujourd’hui comme un spectre plus qu’hypothétique.

Alors, pour reprendre une expression médiatique, je dirai que nous n’avons pas le sentiment au département d’être « le maillon faible » de la chaîne institutionnelle.

 

Je ne veux pas être trop long et il faut conclure.

 

 Puisqu’il est de saison de faire des voeux, permettez moi d’en formuler un qui s’adresse à mes collègues fonctionnaires, mais aussi à nos partenaires associatifs.

 

On a beaucoup parlé de proximité ces derniers temps.

 

Pour nous, la proximité c’est avant tout le fait de comprendre et de se faire comprendre des usagers.

 

 De ce point de vue, quelques mots sur l’utilisation abusive des sigles :

 

            Un mot à ceux qui les inventent…

            Et…. Deux à ceux qui les utilisent.

 

Tout le monde a en mémoire les considérations désabusées d’un illustre personnage de l’Etat sur la difficulté de gouverner un pays qui produit plus de 350 variétés différentes de fromage.

 

Mais au rang des handicaps français, il en est un autre, plus indigeste, qu’observent avec émerveillement nos partenaires étrangers, c’est la capacité de nos administrations  produire annuellement des milliers de sigles barbares.

 

 

Quelques exemples tirés du jargon social :

 

            Aujourd’hui,

            Les enfants sont accueillis par les MECS

            Les jeunes sont des TRACES

            Les vieux sont Girés

            On donne des APA aux personnes dépendantes et aux handicapés.

            Et pour vous expliquer tout cela, on a trouvé le grand CLIC !

 

 Mesdames et Messieurs,

 

Coluche nous manque, mais on est heureux de constater que sa pensée reste bien vivante !

 

Traduction !

Les MECS : sont les Maisons d’Enfants à Caractère Social,

Les TRACES : sont les bénéficiaires du trajet d’accès à l’emploi,

Les GIR : sont les groupes iso-ressources,

Les APA : les allocations personnalisées d’autonomie,

Le CLIC : le Centre Local d’Information et de coordination.

 

M’adressant à nos fonctionnaires départementaux, je voudrais leur rappeler que l’utilisation abusive de ces sigles a un effet désastreux sur les administrés.

 

Car quand on jargonne, on exclut !

 

 Je les invite donc à chasser le sigle avec moi.

 

Avec votre autorisation, Monsieur le Président, la chasse sera ouverte toute l’année, ce qui veut dire qu’on sera même autorisés à tirer sur le sigle en période de reproduction.

 

Merci Mes Chers Collègues de nous donner désormais en toutes lettres, les traductions correspondantes.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Je souhaite que pour chacune, chacun d’entre vous, cette année soit l’occasion de poursuivre avec les services du Conseil Général une collaboration fructueuse et qu’elle vous procure beaucoup de satisfactions personnelles.

  

Bonne et heureuse année à toutes et à tous.

 

 

                                                           Patrick HEINTZ

                                                           Directeur Général des Services

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10 avril 2001 2 10 /04 /avril /2001 15:25

 

Directeur Général des Services du Conseil Général du Var, Conseiller du nouveau maire de TOULON, Hubert FALCO, Patrick HEINTZ est chargé d’apporter une assistance administrative au groupe de travail des maires de l’agglomération toulonnaise qui vient de se mettre en place pour traiter le dossier de la « communauté d’agglomération ». Une mission qui entre dans la fonction du Conseil Général : échelon de solidarité territoriale qui apporte son soutien aux communes dans l’exercice de leur compétence. A ce titre, Patrick HEINTZ a bien voulu répondre aux questions de « Métropole » sur le projet en cours.

 

 

Métropole : Pourquoi, selon vous, il faut une « communauté d’agglomération » dans l’aire toulonnaise ?

 

 

Patrick HEINTZ : Un premier contact s’impose : la 9ème aire urbaine de France est aujourd’hui l’une des rares à ne pas avoir de structure intercommunale intégrée. C’est une anomalie préjudiciable à son développement. 2ème constat : l’économie de l’aire toulonnaise reposait pendant des décennies, sur une présence forte de la Marine avec des activités liées à la Défense. Or, aujourd’hui, la marine reste certes très présente mais la restructuration se traduit par une baisse de la commande publique. Il nous faut donc imaginer pour le territoire de l’aire urbaine une nouvelle économie respectueuse de son environnement exceptionnel correspondant à nos savoir-faire et aux exigences du marché afin de créer les emplois de demain. 3ème constat : nous disposons, du fait de notre situation stratégique et de notre attractivité, d’un potentiel considérable. L’ensemble de ces éléments impose une maîtrise des choix et des évolutions à une échelle qui dépasse le simple cadre communal. La réponse institutionnelle, c’est la communauté d’agglomération. 

 

 

Quatre enjeux

 

Métropole : pour quels enjeux ? pour gérer le passé ou l’avenir ?

 

Patrick HEINTZ : Avant de parler des enjeux, il est important de préciser un certain nombre de points pour clarifier le débat. Il ne s’agit aucunement, lorsqu’on évoque le projet de communauté d’agglomération de l’héritage des gestions passées mais de gérer en commun un projet nouveau et partagé. C’est l’exigence des maires, à commencer par Hubert FALCO. Quant aux enjeux, j’en vois quatre principaux : 1°) construire un vrai projet global qui permette de penser, coordonner et maîtriser l’évolution de ce territoire sur le court, le moyen et le long terme. 2°) l’ouverture. L’aire urbaine de TOULON ne peut accepter de n’être qu’un territoire de transit ou pire un cul de sac. Nous devons donc nous relier pleinement à l’arc méditerranéen, affirmer notre positionnement au sein de la région et nous ouvrir sur la Méditerranée. C’est là que se trouvent les gisements des marchés de demain, pour nos entreprises. 3°) nous avons un enjeu d’image. notre territoire a beaucoup trop souffert jusqu’à présent d’un déficit d’image lié aux péripéties politico-judiciaires mais aussi à une absence de professionnalisme, d’ambition liée en partie à la rente de situation dont le soleil nous gratifie et à cette économie de cueillette dont il n’est plus possible de se satisfaire. 4°) je qualifierais le quatrième enjeu de méthodologique. Il porte sur la conduite du changement et l’approche de la problématique publique. Il faut cesser de « faire des coups », de jouer individuellement, d’être concurrent, de tabler sur la défaillance du voisin. Au contraire, il faut unir les forces, fédérer les énergies et ce, dans le cadre d’un même projet dans lequel chaque commune trouvera son positionnement et retirera son avantage. Il ne s’agit donc pas pour les communes concernées de perdre des compétences au profit d’une structure intercommunale mais de les partager pour mieux les assurer.

 

 

 

Atteindre l’inaccessible

 

 Il serait réducteur de résumer l’intercommunalité à l’addition de compétences communales transférées. Avec l’intercommunalité, de nouveaux champs d’action s’ouvrent auxquels les communes qui restent isolées ne peuvent accéder. La règle est simple : la communauté d’agglomération n’est pas une « addition » des compétences mais une multiplication de la capacité d’action de l’ensemble des communes. En matière d’intercommunalité, 2 + 2 n’égalent pas 4, mais six voire sept !

 

 

Métropole : Qui fera quoi ?

 

Patrick HEINTZ : Dans la répartition des compétences entre communes et « communauté d’agglomération », il faut distinguer deux domaines : tout ce qui relève de la proximité et qui agit sur le quotidien : ces compétences doivent rester au niveau communal, au plus proche de la population. Ce qui relève du développement et de l’action publique structurée doit, nécessairement, être traité à une autre échelle, pour trouver à la fois son efficacité, sa cohérence. Ce sont toutes les fonctions supra-communales que sont le développement économique, l’urbanisme, la formation, le logement, le transport sous toutes ses formes (en commun, routier, à bicyclette, maritime, ferré, interurbain, de proximité et de longue distance (en particulier le TGV), aérien. L’intermodalité permettant une articulation entre les différents moyens de transport. parmi les fonctions à partager, on peut également envisager l’action touristique, la culture, la politique sportive de haut niveau, la protection de l’environnement.

 

Métropole : Quid des syndicats intercommunaux existants ?

 

Patrick HEINTZ : On constate aujourd’hui une certaine Balkanisation des syndicats intercommunaux qui se traduit par une atomisation de ces structures.

La communauté d’agglomération devrait pouvoir regrouper la plupart de ces compétences et  fonctionner avec une administration réduite, permettant de réaliser d’importantes économies d’échelle par rapport à la situation actuelle. Ne l’oublions pas : l’objectif de la « communauté d’agglomération » est de générer de la richesse, pas d’en consommer…

 

 

Métropole : supposons que le vœu des maires se réalise, quel serait le périmètre de cette « communauté d’agglomération » ?

 

Patrick HEINTZ : L’énumération des compétences démontre, à l’évidence, que seul un périmètre vaste, regroupant l’ensemble de l’aire urbaine, peut satisfaire aux enjeux et aux exigences de l’action publique. De ce point de vue, il serait préférable que le périmètre soit « consenti » plutôt « qu’imposé ».  Il est une évidence que plus le périmètre sera large, plus l’identité communale sera préservée.

 

 

 

Equilibre entre communes

 

Métropole : justement, comment peut-on imaginer la représentation des communes au sein de la structure intercommunale ?

 

Patrick HEINTZ : Au terme de la loi, deux systèmes sont possibles. Ou bien l’on applique mécaniquement le critère démographique. Il peut en résulter pour les petites communes, une crainte d’impérialisme de deux ou trois grandes communes. (1) Soit, l’on pondère la représentation en fonction d’autres critères, par exemple on pourrait tenir compte de l’importance des communes au regard des compétences transférées, soit tenir compte de la richesse fiscale. Ce deuxième système relève d’une démarche plus consensuelle permettant d’aboutir à une sur-représentation des petites communes.

 

 

Métropole : Les élus sont-ils obligés de suivre la loi, une loi identique (hélas) de Maubeuge à Perpignan ?

 

Patrick HEINTZ : Le groupe de travail des maires devra être innovant pour répondre aux problèmes qui lui sont posés, mais la loi offre des marges de manœuvre et une certaine souplesses dans l’organisation. Exemple : un projet original pourrait consister dans la création de cinq ou six pôles de proximité qui permettraient aux maires de ces territoires de conserver une grande partie des compétences transférées à la communauté en tant que vice-président de celle-ci, par le jeu d’une délégation de compétences. On peut aussi imaginer une spécialisation de ces « pôles » avec, par exemple, un pôle tourisme sur lequel pourraient être regroupés un certain nombre de moyens liés à cette compétence ; un pôle tertiaire supérieur (Exemple : Valgora) ; un pôle culture ; un pôle environnement – nature, etc… Cela permettrait une organisation décentralisée de l’agglomération confiant ainsi aux maires concernés l’animation de ces pôles en les dotant de moyens supplémentaires. Cela contribuerait bien évidemment au rayonnement de leurs communes. Il leur sera ainsi offert une palette beaucoup plus large de services et d’équipements de qualité et un projet de développement durable dans lequel chacun pourra inscrire son action. Les entreprises et les administrés ont tout à gagner de la Communauté d’Agglomération.

 

 

 

Vote en Septembre

 

Métropole : Où en est ce groupe de travail des maires ?

 

Patrick HEINTZ : Le maire de TOULON, Hubert FALCO, a proposé ce groupe de travail à ses collègues de l’aire urbaine. Le projet porte sur plusieurs aspects : transfert de compétences, périmètre de la communauté d’agglomération, représentativité des communes, règles de fonctionnement, statuts, prospective financière. Sont déjà membres de ce groupe (2)  les maires de Carqueiranne, La Garde, La Valette, Le Pradet, Le Revest, Ollioules, Saint-Mandrier, Six-Fours, La Seyne, Toulon. Le président de la communauté de communes du Gapeau, André GEOFFROY, a également accepté de participer à ces travaux. Naturellement, ce groupe de travail a vocation à s’élargir à l’ensemble des communes de l’aire urbaine. Il va travailler jusqu’à la fin de l’été. A la rentrée, chaque commune devrait pouvoir délibérer. Après quoi, la procédure prévue par la loi se déroule en deux temps : le préfet prend un arrêté pour fixer le périmètre. Les communes ont trois mois pour réagir. Si elles ne le font pas, elles sont considérées comme d’accord avec le périmètre proposé. Après quoi, le préfet prend l’arrêté de création de la communauté d’agglomération.

 

 

Métropole : Quel est votre pronostic ?

 

Patrick HEINTZ : après un été de travail et de dialogue, nous pouvons espérer un automne qui fera date. Celui de la création de la communauté d’agglomération la plus large possible, dont l’aire urbaine de TOULON a tant besoin.

 

(1) NDLR : c’est ce qui s’est passé avec le tracé puis le choix du tramway : trois municipalités ont imposé leur choix, pourtant si contesté. Le suffrage universel municipal les a, toutes trois, écartées.

(2) NDLR : soit près de 400.000 habitants.

 

Cet entretien est paru dans Métropole en 2001.

CLIQUEZ ICI pour télécharger l'interview en PDF.

 

 

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3 juillet 2000 1 03 /07 /juillet /2000 13:10

 

Un cerbère qui des années durant

Du cabinet du Roy garda la porte

Fut un jour piqué par un cloporte

Ce fut là l’origine de son dérèglement

S’étant alors épris d’un chimérique empire

Il rompit de ses dents les liens qui l’entravaient

Grâce à maître fourreur il put se travestir

Et se mettre à rêver de n’être plus laquais

Revêtu de la peau du renard argenté

La queue en panache il sillonne la contrée

Sa commère indiscrète et peu fine

L’adule bruyamment sans avoir de rivale

Poissonnière distinguée du genre qui turbine

Elle concocte pour lui un plan électoral

Du Q.I. de son homme elle n’a pas point d’illusion

Elle veut croire au miracle et part prier à Lourdes

Après moult neuvaines et grande dévotion

De retour à Toulon elle ramène une gourde

Le jour des élections un miracle a bien lieu

Et non des moindres car notre Sire tira

Au soir des résultats un museau qui de loin dépassa

L’appendice nasal de son plus grand rival

Lequel avait pourtant acquis renommée départementale

 

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4 janvier 2000 2 04 /01 /janvier /2000 15:40

Monsieur le Président,

Monsieur le Préfet,

Mesdames, Messieurs les Parlementaires

Mesdames, Messieurs les Conseillers généraux et régionaux

Mesdames, Messieurs les Maires

Mesdames, Messieurs,

 

L’AN 2000.

 

L’évocation de cette date symbolique aura nourri les formes les plus extravagantes dans l’imaginaire collectif.

 

L’histoire nous enseigne que l’Occident médiéval avait connu au moment du passage à l’an mille des scènes de panique et des manifestations de démence. Ayant échappé de justesse à la fin du monde promise en août dernier par le célèbre couturier Paco Rabanne nous étions, pour cette date fatidique, sous la menace des plus grands périls. La violence la tempête qui a dévasté plusieurs régions de France en était pour certains le signe annonciateur.

 

Or nous voici propulsés, malgré nous, au-delà de la charnière du temps. Car le passage à l’an 2000, c’était hier ! C’est une affaire terminée ! Nous sommes presque déçus de constater avec quelle banalité le monde a traversé ce mur du temps.

 

Rappelons-nous, cependant, que pour une majorité d’hommes sur la terre, cette date n’a constitué en rien un « passage » compte-tenu de la diversité des calendriers et des cultures du monde. Les musulmans, par exemple, sont actuellement en 1642 et franchiront le cap du troisième millénaire lorsque nos descendants seront en 2581. Le peuple juif a, quant à lui, pris quelque avance puisqu’il est en 5760 !

 

Pour nous, le passage à l’an 2000, hormis un peu de fantasmagorie circonstancielle, s’est résumé au problème du bug informatique dont on nous annonçait qu’il allait paralyser le monde. Ce grand frisson, concocté de longue date par nos informaticiens, leur aura apporté beaucoup d’argent, et à toutes les entreprises et administrations beaucoup de complications et d’énergie.

 

Et il n’est pas impossible que dans la même urgence, et toujours à un prix défiant toute concurrence, on noue joue l’acte II de ce scénario catastrophe le 29 février prochain qui tombe une année bissextile, ce que, bien évidemment, personne n’avait pu prévoir ! Paradoxe de notre temps, les informaticiens sont donc les seuls sur cette terre à ne pas vivre dans un univers d’anticipation.

 

Et pourtant l’histoire s’accélère, la géographie se transforme et la prospective s’impose. Il y a tout lieu de penser que ce sont les bouleversements « espace-temps » qui seront décisifs dans la transformation du prochain millénaire.

 

Comment alors ne pas nous interroger sur les évolutions qui marqueront notre vie quotidienne ? Quelle sera la place et le rôle du département dans le nouveau paysage administratif ? Les collectivités publiques, dans un monde de plus en plus ouvert, seront-elles capables de maintenir l’équilibre entre efficacité et solidarité ? Notre société, jusqu’à présent, arrivait à concilier ces deux impératifs. Réussira-t-elle à le faire dans les années à venir ? Les politiques publiques seront sur ce point déterminantes.

 

Et il appartient à tous ceux qui concourent à l’action publique de faire en sorte que l’ouverture de notre société sur le monde ne serve de prétexte à l’égoïsme. C’est à nous qu’il appartient :

- de réaffirmer le rôle du territoire en refusant une société de « non lieux »

- de veiller à ce que le virtuel ne prenne définitivement le pas sur le réel, en le déshumanisant totalement. Les politiques sociales, les politiques de proximité auront de ce point de vue un rôle déterminant

- enfin, il va nous falloir concilier les 2 influences majeures et parfois contradictoires que sont 20 années de décentralisation et plusieurs décennies de construction européenne

 

Je suis pour ma part persuadé que les communes et les départements sont les meilleurs garants d’une société à visage humain et ils sont le meilleur terreau des initiatives culturelles, économiques ou sociales. Sans eux, nous serions voués à n’avoir qu’une culture hors sol, insipide, sans origine contrôlée, une sorte de culture transgénique dont on commence aujourd’hui à mesurer les méfaits. Point d’ancrage et garantes de notre identité, nos collectivités territoriales de proximité sont une source de dynamisme et d’énergie sans cesse renouvelée, mais aussi une exigence du consensus social.

 

Et c’est bien cette conception, Monsieur le Président, que défend le Conseil général sous votre autorité lorsqu’il inscrit son action dans une recherche permanente du concret, lorsqu’il affirme une volonté d’identification du territoire et un souci quotidien de solidarité.

 

Le choix du concret, ce sont les chantiers très structurants que le Conseil général a initiés dans le cadre du plan septennal en matière de développement et de rayonnement, je pense à l’effort consenti en faveur de notre appareil de formation, de l’innovation technologique, à la nouvelle politique portuaire, au tourisme et aux grands projets culturels du Département, sans oublier la mise en réseau du territoire. Dans tous ces projets, la qualité du partenariat avec les services de l’Etat, les acteurs économiques et sociaux, est une source de dynamisme et de réussite.

 

Le choix de l’ancrage territorial, c’est la politique active qu’il conduit en faveur du développement local et des nouvelles politiques territorialisées, syndicats mixtes de pays et agglomérations, dont celle de Toulon, préalable indispensable à l’ouverture du Var sur la Méditerranée et l’Europe.

 

Le choix de la générosité, c’est celui que nous affirmons chaque année un peu plus en tant qu’échelon de solidarité entre les hommes et les territoires. C’est notre contribution à la politique de la ville, les lieux de vie, nos actions en faveur de l’enfance, des plus démunis mais aussi des personnes âgées et des handicapés.

 

Alors, hormis de baisser les bras en cultivant la nostalgie du passé et du bon vieux temps, ou d’être blasé au point de ne pas vouloir nous tourner vers l’avenir, nous n’avons rien à craindre de l’an 2000.

 

Jamais, sans doute, nous n’avons à ce point ressenti combien notre société et notre histoire se trouvent à un tournant et combien les vents adverses soufflent des deux côtés de la plage : d’un côté un monde qu’on se résout difficilement à voir mourir, d’un autre un monde qu’on hésite encore à faire naître.

 

Faisons toutefois en sorte de ne pas donner raison à Edgard Morin, Umberto Eco et quelques autres qui prétendent, avec une pointe de provocation, que les chemins de la modernité mènent d’eux-mêmes vers un nouveau Moyen-âge. Il est vrai qu’à partir d’un certain seuil, la vitesse tend vers l’immobilité, la diversité vers l’uniformité et le progrès vers le conservatisme. Nous sommes à la frontière du temps, c’est à nous de faire le choix, par nos actes quotidiens, entre une société de régression et une société de progrès.

 

Soyez assuré, Monsieur le Président, que les fonctionnaires du Conseil général feront le choix de la performance, de la solidarité et de l’amélioration de la qualité de vie des Varois, car c’est cela le sens de notre engagement.

 

Bonne année 2000 à toutes et à tous.

 

Patrick HEINTZ

 

 

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5 janvier 1999 2 05 /01 /janvier /1999 10:56

Monsieur le Président,

Monsieur le Préfet,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs les autorités militaires et religieuses,

Mesdames et Messieurs les Conseillers régionaux,

Mesdames et Messieurs les Conseillers généraux,

Mesdames, Messieurs,

 

Les exercices imposés ont souvent, c’est bien connu, des vertus soporifiques.

 

Les figures libres ont cet avantage de mieux exprimer le dynamisme et la créativité de l’exécutant, mais le style qui sied le mieux à la qualité de cette assemblée ne m’autorise malheureusement pas cette spontanéité.

 

Si d’aventure mes propos paraissaient parfois quelque peu abrasifs, n’y voyez que l’expression de convictions et d’une passion qui continue de m’animer après 14 années au service d’une institution à laquelle je suis profondément attaché.

 

L’année dernière, en cette même occasion, je vous annonçais des perspectives et des projets pour notre administration, que certains avaient la gentillesse de qualifier d’ambitieux. Je suis heureux de vous dire aujourd’hui que nos engagements ont été largement tenus.

 

1998 nous aura permis de nous réorganiser pour être plus efficaces et garantir des prestations de qualité à l’ensemble de nos partenaires. Nos procédures administratives, financières, courrier, gestion du personnel, ont été totalement revisitées et ont fait l’objet d’une complète réécriture, la certification des marchés est en cours.

 

1998 aura donc été une étape importante de formalisation avec un souci constant de simplification, de transparence, de sécurité juridique, de souplesse et d’efficacité.

 

Ce type de démarche appelé « qualité » a associé toutes les directions du Conseil général et je souhaite les en remercier très vivement, car ce travail a été mené de front avec une activité qui ne cesse de croître.

 

Quelques chiffres illustrent cette progression :

- un budget qui atteint aujourd’hui 4 milliards en année pleine

- 1 220 lettres arrivées par jour et 4 500 lettres au départ,

- 400 marchés passés dans l’année

- 3 000 demandes de subventions instruites pour les communes

- 2 000 associations subventionnées

- 164 000 personnes reçues dans nos permanences sociales,

Ces quelques chiffres se passent de commentaires.

 

 

Nous sommes ici un certain nombre, pour emprunter une expression consacrée, à nous faire une certaine idée du Conseil général et de la place qu’il occupe. Une place importante dans les institutions de la République.

 

Or, sur le plan de la communication, un effort très important reste à faire car il y a encore aujourd’hui des personnes qui se demandent à quoi sert le Conseil général ! Habités par une sorte d’idée fixe qui les taraude et leur récure l’esprit, ils s’interrogent même très sérieusement sur la justification de l’échelon départemental. On les appelle les « régionalistes maximalistes », tendance « canal emphatique ». Sorte de secte bizarre !

 

Dans leurs rêves, les Conseil généraux n’existent plus. Ils ont pour outil de travail des cartes de géants, qu’ils déploient tous les matins sur leurs bureaux et leurs collaborateurs leur apportent de très grosses loupes qui leur permettent de connaître jusqu’au plus petit détail de notre vie quotidienne :

- un enfant maltraité ?

- une mère de famille sans ressources ?

- un équipement sportif intercommunal à initier et à soutenir financièrement ?

- des actions en faveur des jeunes dans le nord de notre département ?

- ou des travaux d’urgence à réaliser dans une commune parce qu’une falaise s’écroule ?

Ils voient tout, ils pourvoient à tout !

 

Quant la tâche les dépasse, toujours dans leurs rêves, ils appellent à la rescousse des amis de Bruxelles, qu’on appelle les « Eurotechnocrates », et dans les heures qui suivent, les interventions sont lancées, les fonds nécessaires sont débloqués et tous les problèmes réglés.

 

Soyons sérieux et gardons-nous des jugements réducteurs, pour ne pas dire dissolvants, qui sont de véritables menaces pour la démocratie.

 

Aujourd’hui, le département n’est pas seulement consubstantiel à l’Etat, à la Région, aux Communes. Il leur est indispensable ! Le Département, comme il l’a toujours été jusqu’à présent, demeure le seul niveau capable d’assurer les solidarités de proximité tant sociales que territoriales. Il s’affirme d’année en année comme un échelon incontournable :

- de la solidarité entre les hommes et les territoires

- de l’animation et du développement économique

- de la gestion harmonieuse des espaces.

 

La pertinence de l’échelon départemental en matière de solidarité tient à une raison très simple qui n’a rien de métaphysique ou d’ontologique. Dans toute organisation humaine, la distance et la proximité sont des facteurs qui s’imposent et avec lesquels il faut nécessairement compter. Ni l’Etat, ni la Région, ni les Communes, dont la grande majorité dans le Var compte moins de 1 800 habitants, ne sont en mesure de jouer le rôle du Département.

 

Si le Département garde aujourd’hui une forte raison d’exister, c’est bien justement parce qu’il est la seule collectivité à concilier à la fois des missions de proximité et une mixité du territoire permettant une péréquation fiscale entre l’urbain et le rural. S’il venait à disparaître, les Régions n’en seraient pas plus fortes, mais nos concitoyens n’en seraient que plus discriminés devant le service public.

 

Le défi majeur de l’action publique est d’arriver à faire en sorte que les actions de ces différents niveaux d’administration s’articulent entre elles et que les principes d’articulation soient régis par des mécanismes de responsabilité partagée.

 

C’est ce que nos technocrates appellent « la subsidiarité active » ce qui veut dire, en langage décodé, qu’il faut subsister aux obligations de moyens, incapables de s’adapter à la diversité des situations, des obligations de résultats à partir des compétences naturelles de chaque partenaire public.

Je ne sais si c’est une maladie française, mais on a, dans ce pays, la fâcheuse habitude de ne s’intéresser qu’aux structures et aux moyens, au lieu de se préoccuper des causes, du contenu et des résultats.

 

Le Conseil général, pour sa part, selon vos vœux Monsieur le Président, s’attachera à mettre en place une véritable culture de résultats et, de ce point de vue, l’évaluation des politiques publiques sera progressivement systématisée dans l’ensemble de nos secteurs d’intervention. Les rapports entre le Conseil général et les autres collectivités seront, plus que jamais, fondés sur le partenariat et la contractualisation.

 

Au clientélisme, le Conseil général préfère la responsabilisation de ses partenaires. A la logique de guichet, il préfère la logique de projet. Aux initiatives désordonnées, il préfère la stratégie concertée. A l’immobilisme, il préfère l’adaptation permanente et l’écoute du terrain. Aux critiques d’un passé douloureux, il répond par l’intégrité et la performance.

 

Alors oui, le Conseil général est aujourd’hui une réalité bien vivante. Une institution qui se porte bien et qui progresse. Mais la nature humaine est ainsi faite. Que tous ceux qui font quelque chose ont contre eux ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui font précisément le contraire, et surtout la grande armée des gens d’autant plus sévères qu’ils ne font rien du tout !

 

 

1999 mobilisera notre énergie sur plusieurs grands chantiers. L’intégration européenne nous oblige à repenser et redéfinir nos façons de travailler, d’agir et de communiquer. Toutes les administrations doivent prendre aujourd’hui la mesure des changements qu’elle engendre. Nous assisterons, dans les prochains mois, à un véritable bouillonnement de courants centrifuges qui tissera la trame d’un bouleversement profond.

 

L’année 1999 sera, à n’en pas douter, une année d’importantes transformations pour les collectivités locales. Le menu qui nous est proposé par l’Etat, Monsieur le Préfet, est copieux et il va nous falloir un appétit pantagruélique pour le digérer avant l’échéance fatidique de l’an 2000. Je citerai :

- les contrats de plan Etat/Région

- la loi de développement et d’aménagement du territoire

- 8 grands schémas collectifs de services : transports, énergie, santé, enseignement et recherche, environnement, culture et information

- mais aussi une nouvelle génération de fonds structurels européens

- les nouvelles règles de l’intercommunalité

- la transformation des collectivités territoriales en acteurs économiques à part entière

Et j’en passe…

 

La qualité des rapports que nous entretenons avec vos services, Monsieur le Préfet, nous sera précieuse pour mener à bien tous ces chantiers. Ceux qui ont l’honneur et le plaisir de travailler à vos côtés sur les grands dossiers varois mesurent combien l’efficacité de votre action est un atout pour le Var.

 

1999 doit nous permettre de continuer à moderniser notre administration en l’ouvrant sur l’extérieur. Permettre au Conseil général d’être à la pointe des technologies de l’information et de la communication. Et comme le souhaite l’Assemblée départementale, nous adopterons une attitude résolument offensive pour donner un nouveau souffle à la solidarité et au développement local.

Les fonctionnaires n’oublient pas, Monsieur le Président, que la compétence technique ne saurait aucunement se substituer à la légitimité démocratique, ni remplacer la connaissance qu’ont les élus des aspirations des citoyens et de leurs légitimes préoccupations.

 

Ils ont conscience du fait que l’image du Conseil général est l’affaire de tous. Chacun de nous doit en être le dépositaire et le promoteur.

 

La modernisation de notre administration est une œuvre permanente et collective ; elle doit associer et rassembler, sans exception, tous les agents, mobiliser toutes les énergies et toutes les compétences.

 

 

Je vous souhaite à toutes et à tous beaucoup de joie et de bonheur pour 1999.

 

Il n’existe pas encore, à ma connaissance, de contrôle anti-dopage des Assemblées et des Administrations locales, et je profite de ce vide juridique pour vous souhaiter des vœux effervescents et vitaminés pour cette nouvelle année.

 

Patrick HEINTZ

 

 

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5 janvier 1998 1 05 /01 /janvier /1998 13:25

Monsieur le Président,

Monsieur le Préfet,

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

 

Dans la mythologie grecque, Sisyphe, Roi de Corinthe et fils d’Eole, fut condamné par les dieux à pousser éternellement en haut d’une colline un énorme rocher qui, dès le sommet atteint, dévalait à nouveau la pente.

 

En cette période de vœux, nous serions extrêmement reconnaissants aux dieux de faire en sorte que les Varois échappent au destin de Sisyphe et qu’ils n’aient pas le sentiment de devoir tous les jours tout recommencer.

 

Les campagnes que notre département a dû subir tout au long de l’année auront été une nouvelle fois très véhémentes. Aragon aurait dit « le Var laminé aux marteaux de l’insistance ». Comme si le contexte économique et social n’était pas déjà assez difficile pour qu’il faille encore en rajouter.

 

A tous ces fins observateurs parisiens, professeurs agrégés d’amalgame, qui se sont vautrés toute l’année dans l’insulte et la médisance, il va falloir beaucoup de courage et même de l’inconscience, beaucoup de solidarité et de charité, un grand sens du devoir et même du sacrifice pour venir, cet été, se faire bronzer sur nos plages.  Mais nous leur savons toutes ces qualités et nul doute qu’ils seront tous au rendez-vous.

 

Oui, l’année 1997 n’aura pas été facile pour le Var. Et si nous avons la conviction que nos efforts quotidiens font progresser les choses sur le terrain, reconnaissons que toutes ces campagnes ont fait beaucoup de mal dans l’opinion.  La pire des attitudes serait de céder au découragement. Car ce dont notre département a besoin aujourd’hui c’est d’enthousiasme, de volonté d’entreprendre, de détermination et de crédibilité.

 

Comme vous, Monsieur le Président, nous sommes persuadés que nous disposons désormais de tous les atouts pour faire évoluer le Var vers un véritable pôle d’excellence qui assure notre développement tout en préservant notre qualité de vie. C’est là sa vraie vocation. C’est à cela que vos fonctionnaires souhaitent consacrer toute leur énergie.

 

A cet égard, le partenariat étroit et efficace que nous entretenons avec les services de l’Etat sont un précieux atout et, permettez-moi de dire combien nous apprécions la qualité et l’efficacité du dialogue que nous entretenons avec M. le Préfet et ses services, car cela contribue aussi à nous mobiliser.

 

Nous vivons aujourd’hui dans un contexte de profonde mutation et notre institution doit s’adapter et se renouveler en permanence.

 

Nous sommes en fait à la troisième étape de la décentralisation :

 

La première période que l’on peut qualifier d’euphorique et qui a succédé aux lois de 1982 et 1983, aura été pour tous une période d’innovation, pour ne pas dire d’improvisation. Il a fallu créer de toute pièce de nouveaux services pour assumer nos nouvelles compétences, imaginer de nouvelles politiques et nous lancer dans de véritables expériences dans des secteurs jusque là totalement inconnus des fonctionnaires départementaux : l’action économique, l’action culturelle, puis l’insertion, le logement, etc.


La deuxième étape de la décentralisation a été celle que l’on pourrait qualifier du rappel à la règle par l’Etat. Elle correspond à l’installation des juridictions financières et, d’une manière générale, à la juridicisation et à la juridiciarisation de la vie publique locale. Après avoir accédé à des moyens supplémentaires et à de nouvelles compétences, les autorités publiques locales ont vu leur responsabilité se développer considérablement. Cette responsabilité, les fonctionnaires la partagent avec les élus, ce qui peut parfois éclairer certaines prises de position, donne toute sa dimension à la mission qui est la nôtre.

 

La troisième étape de la décentralisation, celle que nous connaissons aujourd’hui, est marquée par un double phénomène :

  • le fameux effet de ciseaux dépenses/recettes qui se manifeste plus ou moins rapidement suivant les caractéristiques de chaque collectivité, mais se traduit inéluctablement par une diminution des marges de manœuvre,
  • et l’effet de réseau qui ouvre les collectivités sur la concurrence et sur le monde et leur impose de s’organiser entre elles.

 

Les collectivités passent ainsi d’un dynamisme débridé à un dynamisme encadré qui les conduit nécessairement à un recentrage sur les compétences et à des choix : choix des équipes, choix de l’adaptation des méthodes de travail, choix de l’optimisation des politiques et des actions départementales.

 

Pour ce qui concerne les hommes tout d’abord, permettez-moi de m’adresser aux élus qui ont décidé de nous quitter et de ne pas se représenter au prochain renouvellement cantonal. Je voudrais leur dire combien les fonctionnaires ont apprécié leur constante courtoisie, leur disponibilité, leur confiance et, pour les plus chanceux d’entre nous, leur amitié.

 

Le renouvellement des équipes c’est aussi celui des fonctionnaires avec les départs à la retraite et les nouveaux arrivants. Ceux-ci font désormais un stage d’accueil dans notre administration et nous souhaitons les sensibiliser aux missions de service public, à l’environnement administratif qui est le nôtre et au fonctionnement de nos directions. A nous de leur apprendre qu’être fonctionnaire c’est avoir des devoirs avant d’avoir des droits.

 

Ce renouvellement, c’est aussi la mobilité de nos agents que nous encourageons au sein de notre administration. Pratiquée avec discernement, elle est une source de dynamisme et un moyen efficace de lutter contre la routine et l’ankylose.

 

C’est enfin la formation que nous offrons à chacun et qui nous permet de renforcer nos compétences.

 

Ce choix, c’est aussi celui de l’innovation dans nos méthodes de travail. Les séances thématiques que vous avez instaurées, Monsieur le Président, nous ont permis d’associer tout au long de l’année : élus, fonctionnaires de l’ensemble des administrations concernées et partenaires socio-économiques sur les principales politiques du département : aménagement du territoire, formation et emploi, qualité de vie, environnement, culture et solidarité.

 

Grâce à cette initiative, le Var a aujourd’hui une stratégie de développement, un projet qui recouvre l’ensemble de notre territoire et de nos compétences. Vous avez, Monsieur le Président, donné du sens à l’action de chacun et chaque fonctionnaire est aujourd’hui en mesure de se situer par rapport aux objectifs fixés par l’assemblée.

 

Ce choix, c’est aussi celui d’une démarche de qualité :

  • l’organisation d’un stage de management auquel ont participé pratiquement tous nos cadres,
  • l’écriture de toutes nos procédures transversales : les procédures financières, budgétaires et comptables (procédures écrites en partenariat avec l’ensemble des directions), la réécriture de toutes nos procédures administratives. Pour ce qui concerne les marchés, nous souhaitons aller jusqu’à la certification aux normes ISO 9002. En termes de délais, d’efficacité, de sécurité juridique et d’image, le département aura ainsi donné l’exemple.
  • Un effort particulier sera fait en matière de communication interne sur le partage d’informations. Après INTERNET, ce sera INTRANET.
  • La nécessaire optimisation de nos moyens nous conduira enfin progressivement à une évaluation systématique de nos politiques publiques.

 

Ainsi, de grands chantiers vont nous mobilier tout au long de l’année 1998 et le plus important d’entre eux sera, à n’en pas douter, la mise en œuvre de la réorganisation de nos directions sociales, la création de nouvelles unités territoriales et du guichet d’accueil unique social. Vous pouvez compter sur notre enthousiasme et notre dynamisme pour les mener à bien.

 

Monsieur le Président, tous nos meilleurs vœux de santé, de bonheur et de réussite vous accompagnent dans cette nouvelle année. Nous vous souhaitons :

 

La sérénité pour accepter les choses qui ne peuvent être changées

 

Le courage pour changer celles qui peuvent l’être

 

Et la sagesse pour discerner les unes et les autres.

 

Bonne année à tous.

 

 

Patrick HEINTZ

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Published by patrick-heintz - dans Discours
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